Au fil des jolies ruelles médiévales, les logis renaissance mêlés aux maisons vigneronnes, lavoirs, fontaines et placettes ombragées se succèdent et dévoilent leur charme d’antan… Bienvenue à Saint-Saturnin. Bâti sur une coulée de lave, le village doit sa renommée au duo spectaculaire que forment son église romane et son Château Royal. Suivez le guide à travers Saint-Saturnin et les villages chargés d’histoire qui l’entourent.

 

Écouter les pierres

D’un village à l’autre

Saint Saturnin église romane et château royal - CANOPEE

Saint-Saturnin, cité au cœur médiéval

En se baladant dans les ruelles pavées du village, il vous suffit de lever les yeux pour plonger dans l’histoire de ce bourg au charme méridional. D’une façade à l’autre, et quelques touches florales plus loin, l’église romane de Saint-Saturnin se dresse, majestueuse. Si elle est la plus petite des cinq églises romanes majeures d’Auvergne (avec Saint-Nectaire, Notre-Dame d’Orcival, Notre-Dame du Port et Saint-Austremoine d’Issoire), elle n’en demeure pas moins un chef d’œuvre d’architecture romane. Un joyau serti sur un bijou fait d’arkose blonde et de pierre volcanique.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là ! Après avoir admiré le chœur étagé de cette Dame de pierre, le Château Royal attend fièrement votre venue. Édifié au XIIIe siècle par le Seigneur de La Tour d’Auvergne, il s’inspire alors fortement de l’architecture militaire du Moyen-Âge. Il sera agrandi et embelli jusqu’au XVIe siècle, sous l’influence de la Renaissance. Il fait aujourd’hui partie de la Route Historique des Châteaux d’Auvergne. Au cours de la visite guidée, vous aurez l’occasion d’y croiser quelques grandes figures de l’histoire de France, telles que Catherine de Médicis – régente du royaume de France au XVIe siècle – et sa fille, la Reine Margot, épouse du roi Henri IV.

LE SAVIEZ-VOUS ?

 Les Dames de Saint-Saturnin :  À Saint-Saturnin, difficile d’évoquer la Reine Margot sans parler de sa mère, Catherine de Médicis… Toutes deux reines et descendantes des Comtes d’Auvergne, elles furent aussi “dames de Saint-Saturnin”. Elles y séjournèrent en 1566 avec leur fils et frère, Charles IX. Vingt ans plus tard, Marguerite de Valois, devenue la “Reine Margot” suite à son mariage avec Henri IV, exilée en Auvergne et déshéritée par sa mère, fait étape à Saint-Saturnin avant d’être emprisonnée pendant 20 ans, non loin de là, à Usson. Elle retrouva finalement ses droits sur le château, pour le léguer au futur roi Louis XIII, qui, lui, s’en sépara très vite… Quelle histoire !

  • Eglise romane de Saint-Saturnin - Mond'Arverne Tourisme ©
  • Château de Saint-Saturnin © J. Damase/Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme

De Chadrat au Crest, l’empreinte de la vigne

Sur ces terres, il fut un temps où la vigne était reine. À deux pas de Saint-Saturnin, sur le versant sud de la Montagne de la Serre, se dresse l’ancien hameau vigneron de Chadrat. Vous apprécierez de flâner, d’une fontaine à l’autre, parmi les jolies maisons paysannes de ce vieux village typique bâti au milieu des anciennes terrasses. En longeant les flancs de la Montagne de la Serre en direction de Saint-Amant-Tallende, imaginez-vous traverser les immenses parcelles de vignes d’antan… avant de pénétrer au Crest.

S’il est un village vigneron qui porte encore les traces de son riche passé, c’est bien celui-là ! Les maisons vigneronnes se succèdent dans les petites ruelles escarpées, et contrastent avec les grandes maisons bourgeoises, symboles de la richesse passée des propriétaires terriens. Car au milieu du XIXe siècle, le vignoble auvergnat est florissant ! Épargné pendant quelques temps par le phylloxéra qui ravage le vignoble français, Le Crest devint même le troisième plus grand producteur de vin en France !

LE SAVIEZ-VOUS ?

Saint Verny, patron des vignerons auvergnats : Alors que la plupart des régions viticoles ont choisi l’espagnol Saint Vincent pour patron, l’Auvergne lui a préféré un saint d’origine germanique : Saint Verny. Extrêmement populaire et aux attributs caractéristiques (la serpette, le bousset, les grappes de raisin et le chien), on le retrouve dans la plupart des églises de la région !

Vue du pont de la monne à Saint Amant Tallende - CANOPEE

Détour pittoresque du côté de Saint-Amant-Tallende

A quelques enjambés de Saint-Saturnin se dresse Saint-Amant-Tallende, autrefois ceint de remparts aujourd’hui disparus. Vous pourrez admirer depuis les ruelles du vieux bourg trois châteaux, aujourd’hui bâtisses privées fortement remaniées :

  • le château de la Barge (ou Tour Boyer) du XVe siècle, une maison forte massive formée par de hautes murailles ;
  • le château de la Tour Fondue qui donnait à l’origine, à son propriétaire, des droits importants sur la ville de Saint-Amant qui lui permettaient de s’en dire Seigneur. Ce château notamment fut la demeure du peintre de l’école de Murol, Victor Charreton * ;
  • le château de Murol en Saint-Amant, édifice du XIIIe siècle (fortement remanié dans le style néo-médiéval au XIXe siècle), qui se situe en contrebas du village, près de la rivière la Monne. Cette imposante bâtisse rappelle que les propriétaires, la famille de Murol, exerçaient jadis une forte emprise sur l’ensemble de la ville. La « forteresse de Murol » (ancien nom du château) faisait partie des 3 propriétés de Guillaume de Murol dans la région. En longeant ce château, découvrez le pont de la Monne, où coule la rivière, bel endroit de promenade.

LE SAVIEZ-VOUS ?

* séduit par l’âpreté des paysages auvergnats, Victor Charreton (1864/1936), peintre néo-impressionniste – précurseur du cubisme, fonde et devient le chef de file de l’École de Murol(s) – nom donné pour grouper sous une même étiquette des artistes venus régulièrement peindre dans ce qui n’était qu’un petit bourg de montagne de 1 500 habitants situé entre le Puy de Sancy et le Puy-de-Dôme.

La résurrection du fort de La Sauvetat

Dans la plaine, en plein milieu des champs, surgit un imposant donjon… Vous voici arrivé dans le fort villageois de La Sauvetat. Ici à la fin du Moyen-Âge, des moines soldats, les Hospitaliers, avaient établi leur Commanderie. Aventurez-vous dans les ruelles lumineuses de cette “Petite Cité de Caractère”, et partez sur leurs traces !

La Sauvetat, l’histoire de la naissance d’un fort villageois

La Sauvetat, à l’origine une “sauveté”, lieu d’asile créé au XIIIe siècle, prendra de l’importance au siècle suivant avec l’implantation d’une commanderie d’Hospitaliers, un ordre religieux créé dès le début des croisades pour soigner les pèlerins se rendant en Terre Sainte.

C’est pendant le Guerre de Cent Ans, face aux attaques répétées des pillards qui sévissent dans les campagnes, que les Hospitaliers vont accompagner les villageois dans l’édification de fortification de leur propre village pour pouvoir s’y protéger en cas d’attaques. C’est comme ça que le bourg prendra et gardera la forme de ce qu’on a identifié localement comme étant un « Fort Villageois ».

La Sauvetat fait effectivement partie des 180 forts villageois recensés non loin des rives de l’Allier. Sa particularité est d’être initialement particulièrement bien fortifiée puis préservée du fait de la présence des Hospitaliers jusqu’à la Révolution.
Après ces grandes périodes de conflits qui conduiront la France entière à se fortifier, les seigneurs Hospitaliers exploitèrent la ville comme bourg agricole où la vigne prédominera dès le XVIIe siècle, pour exploser au XIXe, avant d’être quasiment abandonnée victime du phylloxera.

Toutes ces étapes de l’histoire de la Sauvetat sont perceptibles dans le fort qui a conservé des vestiges de chaque période. A découvrir lors d’une visite guidée estivale mais également en-dehors avec des passionnés du village.

  • La Sauvetat petite cité de caractère - ANALOGUE
  • Les forts de La Sauvetat - Henri Derus©

De l’histoire…
avec de la nature autour !

Des sites naturels d’exception

Balade au fond des gorges de la Monne - Monnd'Arverne - ANALOGUE

Les gorges de la Monne

Les environs de Saint-Saturnin foisonnent de pépites naturelles où il fait bon se balader. Vous pourrez ainsi goûter au caractère sauvage de l’Auvergne dans la fraîcheur des gorges de la Monne.
Au départ du village d’Olloix, il vous faudra environ 1h30 (5,5 km de marche). Le site, à la fois calme et sauvage, vaut le détour rien que pour ses paysages et le “glouglou” apaisant de la rivière. Ne vous y fiez pas, celle-ci peut, à certaines périodes de l’année, prendre des allures de torrent ! Pour profiter pleinement de ce site protégé et classé Natura 2000, faites donc une petite pause au pont de Ribeyrolles, tout au fond des gorges, d’où vous n’aurez pas envie de repartir !

INSOLITE

 L’Abbaye de Randol, un monastère bénédictin à l’allure résolument moderne, est niché dans le site sauvage des gorges de la Monne. Le site, au contraste saisissant, apporte un véritable sentiment de calme et de grandeur à celles et ceux qui s’y aventurent. Pendant votre balade, arrêtez-vous découvrir la production de fromages des moines, vous serez surpris !

Balade à la montagne de la serre - CANOPEE

La Montagne de la Serre : un plateau, plusieurs visages

Surplombant le village de Saint-Saturnin, cette coulée de lave, longue de 10 km, devenue plateau au fil des millénaires, domine toute la partie Sud de la plaine de la Limagne. La Montagne de la Serre est née d’une grande coulée de lave provenant du plateau des Dômes et survenue il y a 3 millions d’années. On parle ici d’un phénomène géologique majeur : le relief inversé. La lave (qui s’est épanchée dans une vallée) a protégé les sédiments qui se trouvaient dessous lors de l’érosion. Au fil des millénaires, les sédiments autour de la coulée ont disparu sous l’effet de l’érosion. Et petit à petit, la coulée s’est retrouvée en surplomb pour finir par former un plateau.

Au milieu de pâturages, de pailhas et de vestiges moyenâgeux, bercés par la diversité des paysages, vous cheminerez au cœur d’un trésor géologique et ornithologique. Car au-delà de cet aspect géologique unique, la Montagne de la Serre est un couloir très important de migration des oiseaux.

Longtemps entretenue par l’homme, elle ne l’est quasiment plus à ce jour et retourne à son état originel. Ce qui permet à la richesse ornithologique et floristique des lieux de se (re)développer.
Du haut du plateau, vous profiterez d’un panorama à 360° sur les Monts Dôme et les Monts Dore. Cet espace a été entièrement aménagé et balisé pour les promeneurs à pied, à VTT ou à cheval.

LE SAVIEZ-VOUS ?

 La Montagne de la Serre et sa formation géologique unique font aujourd’hui partie du « Haut-lieu tectonique Chaîne des Puys – faille de Limagne » inscrit au Patrimoine Mondial de l’UNESCO… et ont même été des éléments déterminants dans le dossier d’inscription !
Plus d’infos sur www.chainedespuys-failledelimagne.com